La piste

Après cette halte à Ifaty, je pars de bon matin (5 heures) pour affronter mon challenge, celui que je suis venu chercher en terre de Madagascar.

Depuis mon départ de Tamatave, j’ai parcouru un peu plus de 1000 km, sur une route bitumée en traversant des paysages de rêve.

Ce fut assez facile, mais mon projet et avant tout d’aller au cœur de la savane sur cette côte ouest.

Beaucoup d’interrogation me poursuivent depuis quelques jours : en suis je capable ?

Rencontrer ces malgaches qui vivent loin de tout, affronter cette piste que l’on dit terrible, et  comment va tenir mon matériel, et ma préparation (cartes et waypoints) pour ne pas me perdre, est elle bonne ?

Ce sont toutes ces inquiétudes qui m’assaillent au moment du départ. Mais quant il faut y aller il faut y aller.

Les premiers km sont très durs, il me faut trouver le rythme, la moto semble adaptée pour ce genre de piste, ni trop légère et surtout pas trop lourde, je suis patient et j’essaie d’apprendre vite et bien.

J’ai 56 ans, et devant moi plus de 670 km de piste, et j’ai aussi la volonté de réussir à visiter cette région très reculée.

Après plus de 12 heures d’efforts je cesse ce combat pour me poser dans village.

Ici pas d’électricité, pas d’eau chaude, n’y de boissons fraîches. Simplement des hommes, des femmes et des enfants qui doivent du matin jusqu’au soir travailler dur pour survivre. D’emblée je me sens bien avec eux, leur accueil est plein de générosité, tellement ému de cette expérience que je décide de rester tout la journée du lendemain ici au village, et ainsi suivre leur difficile journée de labeur. En fait pour eux j’ai de suite l’impression, que tout cela est naturel, les rires, les jeux des enfants, les sourires de tous en disent long sur cette vie.

La nuit j’ai été incroyablement surpris par la beauté du ciel étoilé, sans pollution, sans éclairage, le ciel montre ses plus beaux atouts.

Je n’avais de ma vie jamais vu un pareil spectacle. Tout tourne ici entre les quelques zébus, les petites plantations de riz, les corvées d’eau et de bois. Rien de plus et c’est déjà beaucoup. Je ne sors pas mon appareil photo de la journée, je pense que c’est un objet bien mal placé dans ce cadre. Et avec le recul je ne regrette pas.

Beaucoup de ces scènes m’arrachent quelques larmes, je suis heureux cela faisait bien longtemps que…

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