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Le premier jour

Roissy et sa foule sont déjà loin après 11 heures d’avion, je suis à la Réunion et son soleil généreux.

Avant d’aller plus loin et bien que je ne sois pas coutumier du fait (pour ce genre de remarque), je vais tirer un coup de chapeau à la compagnie Air Austral : un avion qui sent le neuf, un personnel très sympa, etc…

Je ferme la parenthèse et promis je ne recommencerais plus.

L’escale à la Réunion n’a rien de romantique, bâtiments modernes, bien propres et organisation à l’européenne.

En revanche après un saut de puce d’à peine 2 heures à bord d’un plus petit avion, c’est très différent, d’abord la police et la douane (malgache bien entendu) et ses tracasseries et paperasses + quelques euros pour faire passer le tout et les choses finissent par avancer

Quant au cadre c’est extrêmement vétuste ça donne le ton, dehors c’est le salon de l’automobile des années 60, toutes sortent de vieilles ‘Renault’ sont là à attendre les passagers : ce sont les taxis de Tamatave, les chauffeurs agitent en tout sens les bras pour capter un éventuel client fraichement arrivée.

Après une négociation (indispensable) je fais affaire dans une très très vieilles R9 bleu (que nous appellerions en France : épave).

A bord c’est l’angoisse le chauffeur doit effectuer un véritable slalom pour éviter les trous dans la route, les piétons, les charrettes et tout ce qui y traine.

Un bon quart d’heure plus tard je suis chez Madamoto, le loueur.

Dans une ruelle de terre défoncée, avec une multitude d’échoppes en tout genre qui font penser au moyen âge, des enfants aux pieds nus et souriants, une circulation infernale, bienvenu à Madagascar.

Madamoto c’est un petit atelier et quelques motos, je suis accueilli par une ravissante jeune femme malgache qui est la femme d’Eric le propriétaire de l’entreprise.

Le contact avec Eric est facile et très sympathique, je lui confie les pièces apportées de France, il appelle ses mécanos et me propose un petit tour sur la place pour boire un rafraichissement. Au retour la moto est prête.

Le travail semble bien fait.

La nuit est tombée et je pars à la recherche d’une chambre pour la nuit : ce sera l’hôtel ‘bouffe rapide’ qui est à deux pas de chez Madamoto. Pour 21000 ariary soit environ 8 euros j’ai droit à une chambre correcte, la télévision locale, la douche et le wc privé.

Bravant les consignes de prudence je pars faire un tour de nuit pour mieux comprendre ce quartier de Tamatave.

Très animées les ruelles grouille de monde, ça rit, ça chante, ça cause, ça mange, ça bouge, c’est vivant et le tout dans le noir complet car à part quelques bougies il n’y a pas d’éclairage public.

J’en profite pour gouter à quelques beignets de farine qui feront mon repas du soir.

Tout compte fait j’ai adoré ce petit tour. Au retour à l’hôtel une bonne douche et au lit : quelle journée.

Sur la route d’Antsirabé

En ce 2éme jour, je suis plein d’entrain, j’attaque la route.

Levée très tôt, le soleil se lève vers 5 heures du matin, je me fraye un chemin dans cette ville de Tamatave pour en sortir et trouver la RN2 vers Antananarivo la capitale à environ 390 km.

C’est pas facile car il n’y a aucun panneau indicateur, mais je fini par être sur la bonne voie.

Une station service à la sortie de la ville et je fais le plein quelques litres d’essence à environ 2800 ariary soit 1 euro le litre (c’est très très cher en rapport avec le cout de la vie ici).

Le temps est beau, la vie est belle et les premiers km sont avalés avec énormément de plaisir.

Peu après un barrage de gendarmerie avec une herse en travers de la chaussée me donne quelques frayeurs, en fait c’est avec un salut amical que l’on m’invite à passer.

La route est magnifique (je vais devoir utiliser souvent ce qualificatif car c’est aussi très souvent qu’il y aura de magnifiques choses a voir). Sinueuse, en bon état, traversant des forets de bananiers et d’arbres du voyageurs avec de nombreux villages

très pittoresques. C’est un régal

 

Sur la route d’Antsirabé suite

Le ravenala appelé aussi l’arbre du voyageur car il offre toujours dans le tronc un peu d’eau pour les voyageurs. Il est partout présent sur cette route du nord ouest.

En fin de matinée, j’arrive dans Antananarivo ou à la Française Tananarive.

Ce qui choque en entrant dans cette ville c’est la pollution.

Des centaines de voitures et de camions crachent des nuages de fumée écœurants. C’est la vétusté de ce matériel roulant qui est responsable de cette horreur, les taxis sont tous des antiquités, 2CV, diane et 4 L

 

Je me sens immédiatement mal à l’aise dans cette circulation en tout sens, bruyante et tout cette agitation me pousse à fuir vers la ville d’Atsirabé à 200 km plus au sud.

C’est assez tard dans cette première journée que j’arrive enfin à destination.

Mon choix pour la nuit se porte sur un hôtel du nom de « Les chambres du voyageur », un superbe établissement qui après cette folle journée de route me gêne un peu par son confort, mais me rassure pour le repos dont j’ai besoin.

Le soir venu je vais errer dans les rues à la recherche de cette vie Malgache que je commence à apprécier, comme sur Tamatave la ville est agitée en tout sens, les petites échoppes sont bondées et je prends mon repas dans un « hotély’, petite gargote très populaire où l’on y sert un plat simple de riz accompagné d’un peu de viande (très peu) ou de poisson, voir des légumes. Mais c’est l’un ou l’autre, est aussi servi une coupelle de jus de cuisson du riz aromatisé avec des épices locales, c’est excellent et tout cela à la lueur d’une bougie, et je suis ravi de ce premier contact avec ce style de vie, il va faire école dans les jours prochains c’est sûr.

C’est fait ma décision est prise

Je vais continuer ce voyage par la RN34 et ensuite approfondir Antsirabé, Fianarantsoa, Antananarivo et Tamatave sur la côte est.

C’est donc requinqué que je quitte Morondava et ses magnifiques Baobabs.

Les RN 35 et 34 vont me permettre de traverser les hautes terres et rejoindre la ville d’Antsirabé.

Au départ cette RN 35 est un vrai désastre, elle est complètement défoncée, puis comme par miracle sur une centaine de km le revêtement est presque parfait.

  

Comme vous pouvez le voir sur ces photos, cette partie du pays est très aride, il fait chaud et il ne doit pas y pleuvoir souvent. Un petit kiosque chinois surgit de nul part, les cours d’eau sont à sec mais le paysage est superbe. Il fait bon rouler sur cette route nationale.

Tamatave la derniére étape

Ce voyage se termine ici à Tamatave, je viens de confirmer ma réservation pour l’avion du retour.Je ne perds pas une minute et vais dans tous les sens pour avaler de grandes bouffés de ce pays et  de ces Malgaches si attachants. Un mois déjà ,mais pourquoi tout est passé si vite: tout simplement parce que je me sens bien ici. J’y suis venu pour faire aussi le point avec moi même et c’est  réussi, j’ai maintenant de solides repères, je me sens fortifié, Je m’en veux de ne pas avoir fait ce voyage plus tôt dans ma vie, mais à 56 ans c’est pas trop tard, et j’ai bien l’intention de  continuer.

mon blog ne s’arrête pas là,  encore quelques billets à venir